Desire – Under your spell

 

Récit d’un tournage :

 

Le commencement :

 

Ce clip d’animation je l’ai fait un peu sur un coup de tête.

Depuis mon premier cours métrage, je voulais absolument recommencer mais je ne trouvais aucun acteur motivé. Ainsi, je me suis dit que je pouvais me tourner vers le système stop motion.

Le principe même du stop motion est d’avoir un objet : on prend une photo de celui-ci, on le bouge un peu, on reprend une photo et ainsi de suite pour obtenir à la fin un mouvement, avec les images alignées et accélérées.

Ce système (utilisé par exemple dans les films Wallace et Gromit) certes très long, permet de transformer n’importe quel objet en acteur, ce qui était une bonne nouvelle pour moi car je n’en avais pas. De plus, ici il ne s’agissait plus de filmer mais de prendre des photos, grâce à cela j’allais automatiquement avoir une meilleure qualité vidéo.

A ce moment-là j’écoutais une chanson en boucle, « Under Your Spell » de Désire, et les paroles m’inspiraient beaucoup. En écoutant les paroles j’imaginais très bien un personnage triste, la tête baissée sous la pluie avec des personnages féminins qui le saluaient en arrière plan, mais auxquels il ne prêtait pas attention car il avait perdu sa bien-aimée.

Pour la voix je pouvais aussi avoir un personnage en gros plan qui chante. Donc, j’ai eu l’idée d’une cassette audio avec les paroles qui défilent sur la bande magnétique, pour le piano je pouvais avoir les touches alignées qui s’allument suivant le rythme de la note.

 

Le mini décor :

 

Pour tout mettre en place, il fallait quand même que je réduise le travail trop conséquent pour moi tout seul. Il fallait que je travaille sur quelque chose de plat, il ne fallait pas que j’ai aussi à travailler sur l’arrière plan, j’ai alors utilisé une plaque de contre-plaqué de mon premier court métrage, ainsi qu’un tableau Velléda autocollant que j’ai étalé sur le contre-plaqué.

J’avais donc ma surface de travail, ensuite il fallait que je trouve comment positionner horizontalement mon appareil par rapport au sol pour qu’il soit face à ma surface de travail. J’ai utilisé mon trépied que j’ai démonté et remonté d’une façon différente pour obtenir ce que je voulais.

Par la suite j’ai positionné mon trépied sur ma zone de travail et marqué l’endroit des pieds de celui-ci puis les ai fixés avec du scotch. J’ai fait des tracés sur mon tableau Velleda pour délimiter ma zone de travail.

Maintenant il me fallait mes acteurs, il me fallait des personnages plats car ils seraient allongés horizontalement et risqueraient de ne pas être stables. J’ai fait d’abord les touches de piano avec Paint puis j’ai décidé de créer un personnage tout simplement avec le même logiciel, j’ai réutilisé les barres en guide de jambes du personnage par la suite pour le gros plan sur le visage de la chanteuse, puis, pour la cassette j’ai eu simplement à refaire les paroles, j’ai imprimé le tout et fait beaucoup de découpages.

J’ai commencé par le piano, cela a été la partie la plus difficile. J’avais repéré toutes les touches qui devaient s’actionner mais cela m’a pris énormément de temps puisque, pour éviter que les touches ne bougent, je les avaient scotchées, et je devais défaire et refaire entre chaque prise une partie du piano, le tout constamment à genoux.

J’ai continué ensuite avec le personnage, j’ai voulu refaire la pluie mais cela n’aurait pas collé alors j’ai prévu de la rajouter au montage. J’ai voulu faire aussi les personnages féminins à l’arrière-plan mais créer une perspective qui bouge sur une surface plane a été trop complexe et j’ai abandonné l’idée.

Le nuage qui figure au-dessus du personnage est le même que celui de mon logo. En fait, j’ai créé mon logo en même temps que ce clip d’animation.

J’ai continué par le plus simple, la cassette avec les paroles qui défilaient puis par le personnage en gros plan qui chante. Je me suis fait une fiche avec les paroles en anglais et j’ai dessiné en-dessous le mouvement des lèvres, j’ai fini les prises par ce que j’appelle la chorale, ce sont les trois petit smileys de la fin.

Durant tout ce tournage j’ai été obligé de faire mes prises la nuit pour garder une lumière constante. Celui-ci a duré une semaine et demi et j’ai pris plus de six cents clichés.

 

Le montage vidéo :

 

Par la suite j’ai démarré le montage en commençant par le piano et je me suis rendu compte de la difficulté du montage sur du stop motion, puisque la musique doit être synchronisée avec les images. Or, dans toute musique il y a des accélérations et des décélérations qui doivent être transposées sur les images des touches du piano. J’avais déjà pas mal souffert pour arriver à aligner l’actionnement des touches dans le bon ordre, mais après je me suis rendu compte que j’avais omis des scènes (dans la précipitation de finir j’avais tout rangé). En effet c’est le seul tournage qui a le plus joué avec ma patience…

Quand j’ai pris conscience de cela j’ai tout arrêté, en me disant que ce n’était qu’un bout d’essai et que la vidéo ne sortirait jamais. Je ne me suis remis au montage que quatre mois plus tard, motivé pour qu’il puisse apparaître sur mes lettres de motivations pour les BTS Audiovisuel que j’envisageais.

Comme il me manquait des scènes j’ai commencé par réduire la longueur de la musique. Enfait, je l’ai réduite un peu petit à petit, au fur et a mesure que je me rendais compte du peu de matière sur laquelle je pouvais travailler. La durée initiale de la musique étant de cinq minutes, est passée à trois minutes.

Cela a été le montage le plus compliqué sur lequel j’ai eu à travailler, puisque chaque image devait absolument être raccord avec le son, le son du piano avec les touches de celui-ci, les paroles de la chanteuse avec les mouvements de lèvres, même la cassette audio m’a demandé du travail puisque l’affichage des paroles devait être raccord. En outre, il me manquait des morceaux de scène que je n’avais pas assez allongées au tournage, ce qui occasionne des images saccadées par moments.

J’ai allongé au maximum ce clip, cela se devine puisque certaines choses sont mises à l’envers dans certaines scènes pour combler un peu.

 

Conclusion : 

 

En conclusion, pourmoi ce clip est bâclé et j’en suis le seul responsable puisque, au moment du tournage, à chaque fois que je commençais j’avais déjà hâte que ce soit fini. Je n’ai même pas pu faire la pluie au dessus du personnage qui marche en même temps car je n’avais pas le logiciel approprié.

Le stop motion demande beaucoup de rigueur et autant de patience… J’ai toujours beaucoup d’idées d’animations mais la difficulté de les mettre en place m’empêche de recommencer pour l’instant.

Malgré tout je suis très fier du piano et de la cassette qui sont pour moi le meilleur de ce clip.